Mihi Kim

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L’amour à l’individu - L’amour aux individus - qu’est-ce la pédagogie.

Qu’est-ce que l’amour.

Pour moi, c’est une forme de résonance entre deux êtres.Qu’une vibration émise par l’un soit reçue par l’autre, et retournée légèrement modifiée que le premier est capable de recevoir.

La musique est une forme d’amour. Nous sommes tous d’accord.

Quand nous écoutons un interprète, nous nous sentons compris. Nous avons l’impression que tous nos soucis soient absorbés par la générosité des notes, et nous en recevons consolation.

Qu’en est-il pour la pédagogie?

L’enseignement pur n’exerce pas la même emprise qu’une note de musique. Beaucoup plus concrète, il est question de science et d’acceptation intellectuelle. Mais, l’enseignement de la musique provoque plusieurs choses :

Tout d’abord, la promesse.

La promesse d’un monde meilleur.

La promesse d’un meilleur «moi», dans ce meilleur monde.

La promesse d’une liberté - financière, d’esprit, de corps.

En passant par la foi.

Car il faut accepter l’idéal qu’on propose sans l’avoir compris.

Car il faut croire une méthodologie sans en voir les résultats immédiatement.

Car il faut persévérer malgré les critiques qui disent, à chaque échec, que l’on a tort.

Pour arriver à l’abandon.

Remise en question des valeurs transmises par les parents.

Abandon des craintes et des limites de son propre corps.

Et créer un nouvel être libre.

Un nouveau regard sur la société et la place que l’artiste occupe(ra).

Créer sa propre définition du bien et de mal.

Consolider une générosité infinie; savoir en générer autant.

Créer une toute autre forme de responsabilité, celle de l’équilibre.

La liberté a un prix.

Sans en connaître les conséquences, toute liberté est vouée à l’échec.

Les artistes sont considérés comme des êtres indisciplinés et lunatiques - je n’ai jamais autant connu de gens équilibrés, disciplinés et responsables dans la génération 40-60 que parmi les artistes. Chose que l’on ne peut pas dire des gens «normaux» - beaucoup font de grosses bêtises, des «crises»; pas un d’en être épargné.

Les gens «normaux» souvent prennent sur soi, comme une bombe à retardement.

Les artistes cherchent un échappatoire immédiatement, car avec leur sensibilité aiguë il est insupportable de porter ce poids longtemps.

Il est donc important, au plus jeune âge, d’apprendre aux artistes de comprendre le monde tel qu’il est, et essayer d’éviter le décalage par rapport à la norme. C’est la seule façon d’arriver à avoir les deux - la paix, et la liberté.

 

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"Que vaux-tu comme flûtiste"

... c'est une question que tout professionnel se pose. Ou non. 

Car c'est assez inquiétant de, savoir, ou encore pire, de ne pas savoir. Personnellement, je pense que c'est la base de toute confiance en soi, chose tellement importante quand on veut se produire devant des personnes qu'on ne connaît pas. 

Dans un des cours hier, j'ai parlé d'un point essentiel de toute personne musicienne.

Connaître public qu'on vise. A qui on a affaire.

Un commercial dirait "la clientèle". Déjà, si on doit jouer devant un public précis et qu'on l'ait identifié, tout deviendrait moins stressant. Et c'est là qu'on a déjà un premier "quack" : on oublie souvent pour qui on joue.

Il y a trois catégories de public. 
Le public général, qui aime la musique sans en faire particulièrement.
Le public averti, qui sait jouer d'un instrument et qui a une oreille attentive.
Et enfin, les professionnels, qui ont une oreille critique.

Quand on joue en concours, on est confronté à un public quasi professionnel - y compris le jury, mais aussi le public, car pour la plupart ce sont des concurrents qui viennent écouter. Evidemment, c'est une des situations les plus stressantes.  Mais heureusement, les examens et concours ont une date de péremption : C'est aussi pour ça qu'un concours, ou des écoles, ont une limite d'âge - pour ne pas éterniser cette mise à l'épreuve difficile... tout ça n'est que durant la période d'apprentissage. Une fois le poste longuement espéré, obtenu, ces martyrs prennent fin.

... lâchés dans la nature ... 

On côtoie alors un tout autre monde. Les concerts sont généralement visités par des gens de la première catégorie, du moins sur le principe. (Aujourd'hui les salles de concerts difficiles à remplir, le pourcentage du public averti augmente, mais je suis certaine qu'on pourra encore dire que le public général reste en surnombre.)

Alors. Logiquement, il ne devrait pas y avoir plus plaisant que de jouer en concert, puisque c'est un public déjà conquis en partie, parce que les gens ont payé pour assister au spectacle. A moins de prouver ardemment le contraire, un concert est supposé bien se passer.

Donc, pourquoi stresse-t-on autant quand on joue en cours? Ou devant la famille?

... on ne jouerait pas pour soi-même?
 ... on ne serait pas en train de remplacer l'image du public assis avec sa propre exigence? Des mini-clones de soi tirant une grimace à chaque erreur?

Sa propre exigence, c'est le jury le pire qui puisse exister, qui connait toutes les failles et les plus sombres secrets. Si on continue à allumer tout les micros de la salle pour guetter la moindre erreur, forcément on en trouvera. Et le concert devient soudainement une simple prolongation de séance de travail.

Il me semble impératif que chacun clarifie ce point. Le bon équilibre entre exigence et générosité est une chose délicate à trouver.

"Que vaux-tu comme flûtiste"  : les pires bêtises qu'on pourrait dire...

... JE SUIS (toujours) NULLE PAR RAPPORT A MON IDEAL PERSONNEL
 ... JE CONFONDS LE PUBLIC (réel) AVEC MA PROPRE EXIGENCE
 ... JE SUIS DÉSTABILISÉ(E) QUAND JE JOUE CAR JE PENSE QUE LE PUBLIC (je) ENTEND TOUTES LES BÊTISES QUE JE FAIS
 ... LE JURY (je) NE M'AIME PAS.

Si c'est un public général, ou même averti, ils adoreront.
Si c'est un public professionnel, "qu'en sait-on". Il se pourrait très bien que le jury a froncé le nez non parce qu'on a mal joué, mais parce que le nez lui grattait tout simplement...? En plus la plupart du temps c'est ça. 

Finalement.

C'est facile de jouer devant un public si on sait à qui on a affaire.
Du moment que ce n'est pas soi-même.

 

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Qu'est-ce qu'une mélodie.

Dimanche il y a 8 jours, j'ai eu un cours Skype avec une de mes élèves préférées, Sujin. Elle n'a que 15 ans et sa famille n'est pas aisée - elle n'a cours qu'une fois par mois. De ce, nous notons tout le contenu du cours pour ne pas se perdre la fois d'après.

Je me souviens du cours de la semaine dernière. 

On se demandait ce que c'était une mélodie.
Il semble que c'est une des deux choses importantes qui composent la musique : le rythme et le chant. Si le rythme est relié directement au physique, par le battement du coeur et le mouvement des hanches ou autre, la mélodie reste tout de même chose plus mystérieuse. 

Je pense que la mélodie est sensée délivrer un message. Ce serait un (méga) outil de communication - contenant plusieurs couches d'expression. Je parle des quatre voies habituelles; la langue parlée, le langage corporel, le langage énergétique, et le langage spirituel.

Le langage parlé stimule nos neurones, et s'exprime à travers des informations logiques et analytiques. 

Le langage corporel exprime nos émotions. Le corps arrive rarement à cacher ce que nous ressentons, de ce, il est très habile si on l'utilise pour exprimer des sentiments musicales, la peur, la joie, la colère, ou encore la tristesse.

Le langage énergétique est déjà un peu plus compliqué à comprendre. Quand on donne beaucoup d'énergie lors du jeu, on peut contrôler la présence et la force d'expression des deux points ci-dessus. De ce, il est particulièrement adapté à donner du relief à l'interprétation, la construction sur plusieurs plans, la superposition de couches. Autrement dit, les f et les p.

La communication spirituelle est très méconnue en occident et pourtant très présente et prioritaire dans les cultures asiatiques. On parle de Kokoro (japonais) ou Maeum (coréen) - cette chose intérieure qui définit le bien et le mal, qu'on peut aussi appeler le "coeur", origine de l'amour. (Je touche deux mots ici à ma définition de l'amour, ma conception : la résonance entre deux êtres qui retrouvent les similitudes ou de la compréhension, profondément et véritablement.)

Pourquoi la musique est-elle aussi forte en transmission - pourquoi crée-t-elle aussi souvent la sensation d'amour en l'écoutant ou en jouant? Parce qu'elle content cette couche supplémentaire de communication, au delà du contenu intellectuel ou émotionnel, une véritable communication d'amour et de coeur, à travers une mélodie. 

C'est cela qui donne l'intérêt premier à la musique. Ce moyen d'expression spirituel, capable de contenir notre besoin premier d'homme. 

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