Mihi Kim

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"Que vaux-tu comme flûtiste"

... c'est une question que tout professionnel se pose. Ou non. 

Car c'est assez inquiétant de, savoir, ou encore pire, de ne pas savoir. Personnellement, je pense que c'est la base de toute confiance en soi, chose tellement importante quand on veut se produire devant des personnes qu'on ne connaît pas. 

Dans un des cours hier, j'ai parlé d'un point essentiel de toute personne musicienne.

Connaître public qu'on vise. A qui on a affaire.

Un commercial dirait "la clientèle". Déjà, si on doit jouer devant un public précis et qu'on l'ait identifié, tout deviendrait moins stressant. Et c'est là qu'on a déjà un premier "quack" : on oublie souvent pour qui on joue.

Il y a trois catégories de public. 
Le public général, qui aime la musique sans en faire particulièrement.
Le public averti, qui sait jouer d'un instrument et qui a une oreille attentive.
Et enfin, les professionnels, qui ont une oreille critique.

Quand on joue en concours, on est confronté à un public quasi professionnel - y compris le jury, mais aussi le public, car pour la plupart ce sont des concurrents qui viennent écouter. Evidemment, c'est une des situations les plus stressantes.  Mais heureusement, les examens et concours ont une date de péremption : C'est aussi pour ça qu'un concours, ou des écoles, ont une limite d'âge - pour ne pas éterniser cette mise à l'épreuve difficile... tout ça n'est que durant la période d'apprentissage. Une fois le poste longuement espéré, obtenu, ces martyrs prennent fin.

... lâchés dans la nature ... 

On côtoie alors un tout autre monde. Les concerts sont généralement visités par des gens de la première catégorie, du moins sur le principe. (Aujourd'hui les salles de concerts difficiles à remplir, le pourcentage du public averti augmente, mais je suis certaine qu'on pourra encore dire que le public général reste en surnombre.)

Alors. Logiquement, il ne devrait pas y avoir plus plaisant que de jouer en concert, puisque c'est un public déjà conquis en partie, parce que les gens ont payé pour assister au spectacle. A moins de prouver ardemment le contraire, un concert est supposé bien se passer.

Donc, pourquoi stresse-t-on autant quand on joue en cours? Ou devant la famille?

... on ne jouerait pas pour soi-même?
 ... on ne serait pas en train de remplacer l'image du public assis avec sa propre exigence? Des mini-clones de soi tirant une grimace à chaque erreur?

Sa propre exigence, c'est le jury le pire qui puisse exister, qui connait toutes les failles et les plus sombres secrets. Si on continue à allumer tout les micros de la salle pour guetter la moindre erreur, forcément on en trouvera. Et le concert devient soudainement une simple prolongation de séance de travail.

Il me semble impératif que chacun clarifie ce point. Le bon équilibre entre exigence et générosité est une chose délicate à trouver.

"Que vaux-tu comme flûtiste"  : les pires bêtises qu'on pourrait dire...

... JE SUIS (toujours) NULLE PAR RAPPORT A MON IDEAL PERSONNEL
 ... JE CONFONDS LE PUBLIC (réel) AVEC MA PROPRE EXIGENCE
 ... JE SUIS DÉSTABILISÉ(E) QUAND JE JOUE CAR JE PENSE QUE LE PUBLIC (je) ENTEND TOUTES LES BÊTISES QUE JE FAIS
 ... LE JURY (je) NE M'AIME PAS.

Si c'est un public général, ou même averti, ils adoreront.
Si c'est un public professionnel, "qu'en sait-on". Il se pourrait très bien que le jury a froncé le nez non parce qu'on a mal joué, mais parce que le nez lui grattait tout simplement...? En plus la plupart du temps c'est ça. 

Finalement.

C'est facile de jouer devant un public si on sait à qui on a affaire.
Du moment que ce n'est pas soi-même.

 

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